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Divine Lirurgie Orthodoxe

mercredi 27 juin 2018

LA PÉRICHORÈSE LITURGIQUE par l'Archimandrite Basile du monastère d'Iviron, Mont Athos, Grèce


LA PÉRICHORÈSE LITURGIQUE 

par 

l'Archimandrite Basile du monastère d'Iviron,

Mont Athos, Grèce

Source:

http://priere-orthodoxe.blogspot.com

http://priere-orthodoxe.blogspot.com/2010/09/la-perichorese-liturgique-par.html

PRIÈRE ORTHODOXE

Un beau texte de l'Archimandrite Basile du Saint Monastère d'Iviron (ex archimandrite du saint monastère de Stavronikita) sur la liturgie.

"Tu n'es pas isolé ni séparé des autres hommes et du reste du monde. Tu n'es pas enfermé dans la prison de l'espace. Tu n'es pas asphyxié par la condamnation du temps. Ta vie n'est pas un verre d'eau qui si tu le bois te laisse aussi assoiffé qu'avant, et si tu ne le bois pas va croupir devant tes yeux. Tu n'es pas une partie mécanique d'un tout sans fin, ni un individu dans une foule anonyme. Le Maitre de la vie a brisé les serrures de l'existence mécanique.

Tu es un membre organique d'un mystère théantropique. Tu as un service concret, petit, infime, par lequel tu communies avec le tout. Dans ton être, dans ton caractère, est récapitulé et agit le mystère de la vie. Tu es image de Dieu. Tu ne vaux pas par ce que tu as, mais par ce que tu es. Tu es frère de Dieu. Nous entrons tous ainsi dans la fête des premiers-nés.

Tu connais dans la texture même de ta personne, dans la structure de ton être, le Dieu qui domine l'univers. Tu Le vois marcher. Tu discernes Ses traces dans ton insatiable soif de vie et dans ton amour. Ton combat pour parvenir à Lui est la vision même de Sa face. C'est ainsi qu'est fait ton être.
La Liturgie n'est pas une simple prédication. Elle n'est pas une audition. Elle n'est pas un spectacle. La Liturgie ne vieillit jamais. Ce qu'elle donne à boire ne s'épuise pas. Nul ne peut dire qu'il l'a apprise ou qu'il s'est accoutumé à elle, parce qu'il lui est arrivé une fois de la comprendre, ou parce qu'il lui est arrivé une fois d'être emporté par son attraction.

Les fidèles ne suivent pas en auditeurs ou en spectateurs quelque chose qui les émeut plus ou moins. Les fidèles participent à la Divine Liturgie. C'est dans chaque fidèle, et dans l'assemblée liturgique, qu'est célébré le mystère. Nous ne voyons pas le Christ hors de nous, nous Le rencontrons en nous. Le Christ se forme en nous. Les fidèles deviennent des Christs par la grâce.

Il se fait ici par la grâce une merveilleuse périchorèse et une identification sans confusion. L'homme tout entier, corps et esprit, entre dans le monde simple de la grâce trinitaire incréée. Et en même temps il reçoit en lui le Christ avec le Père et l'Esprit. Dieu tout entier s'offre à l'homme, Il fait en lui sa demeure. Et l'homme tout entier s'offre à Dieu: «confions-nous nous-mêmes, les uns les autres, et toute notre vie, au Christ notre Dieu ». « Dieu uni à des dieux et connu par eux ».

Voir le Christ au dehors, objectivement, L'aimer sans repentir, pleurer par compassion comme les filles de Jérusalem, mène au sentimentalisme instable, extérieur à la Liturgie. Au contraire, la hiérurgie liturgique, par son calme, permet la conduite et le comportement orthodoxes justes: la tendresse douloureuse. Ni la joie ne rit aux éclats et ne blesse l'affligé, ni la peine n'accable et ne désespère le faible. Partout règne la tendresse douloureuse qui secrètement, inépuisable console, réjouit, réconcilie tous les hommes.

Autre est le sentimentalisme humain, et autre la douloureuse tendresse liturgique. L'un est une excitation épidermique et un tourment biologique, l'autre cloue l'homme et le console, révélant aux frontières de l'existence notre nature pareille à Dieu : quelque chose qui te charge d'un lourd devoir et en même temps te donne les ailes d'une invincible espérance.

L'homme, dans ses profondeurs inconnues, cache un trésor divin.

Quand il est en souci, il n'est jamais déçu dans l'Eglise. Et quand il se réjouit, il n'est pas troublé par le moindre désordre. La tristesse et la joie servent liturgiquement. Elles sont pareillement hiératiques. Elles ont la même pudeur dans leur apparence et dans leur mission. Car l'une et l'autre peuvent conduire le fidèle à la consolation du Royaume.

Se lèvent ici des possibilités profondes et inconnues que l'homme cache en lui. Tout ce qui est au monde se concentre dans son « âme », ce souffle de la vie, ce souffle passé au feu, que de Ses entrailles Dieu a insufflé en lui."

(in Chant d'entrée ed. Labor et fides-Perspective orthodoxe 1980)

mercredi 6 juin 2018

Des dizaines de passereaux et d’autres oiseaux entraient et sortaient et au dehors de l’église par les fen êtres ouvertes de la coupole, gazouillant et chantant avec vivacité


ANIMALS OF MY HEART


Père Stéphane Anagnostopoulos:

Un fidèle m’a raconté un événement similaire qui a eu lieu à l’église de la Mère de Dieu qui s’appelle «Ecatontapyliani» et qui se trouve à Paros (dans les Cyclades, Grèce), pendant la Divine Liturgie de la veille de l’Épiphanie, en 1998.

Des dizaines de passereaux et d’autres oiseaux entraient et sortaient et au dehors de l’église par les fen êtres ouvertes de la coupole, gazouillant et chantant avec vivacité. Pourtant, à l’heure de la consécration des saints dons, ils se sont tus et immobilis és tous pour recommencer après l’ecphonèse: «Et en premier lieu pour notre très sainte…» [Notes personnelles de l’auteur].

Les propres paroles du Seigneur «Ceci est mon corps…ceci est mon sang…» (Marc 14, 22-24) à la sainte Cène, le soir du jeudi saint, témoignent de cette réalité du Changement du pain et du vin en Corps et en Sang du Christ. La constitution donc du saint sacrement est divine. C’est le Christ lui même qui en est l’auteur.

Les signes visibles du saint sacrement sont le pain au levain, le vin et la prière secrète «envoie ton Saint-Esprit sur nous et sur ces Dons…». Ce n’est pas seulement la grâce du Christ qui est transmise par la sainte communion comme c’est le cas d’ ailleurs pour d’autres sacrements, mais c’est le Christ, le Seigneur lui-même. Les fidèles qui reçoivent dignement le Corps et le Sang du Christ, s’ y intègrent, ayant les mêmes corps et sang que Lui. L’adhésion au Corps de l’église, c’est-à-dire l’incorporation, commence par le saint Baptême et s’achève avec la sainte communion, c’est-à-dire l’intégration. Cela veut dire que notre être tout entier reçoit d’une façon mystique la Vie-même, notre Seigneur et Rédempteur et l’incorpore.

Source:

https://www.scribd.com/doc/264379276/PROTOPRESBYTRE-STEPHANE-ANAGNOSTOPOULOS-VIVRE-LA-DIVINE-LITURGIE-pdf

Père Stéphane Anagnostopoulos

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Le Pirée 2011

lundi 4 juin 2018

L'Ange et l'erreur du Prêtre - Père Stéphane Anagnostopoulos


L'Ange et l'erreur du Prêtre

Au centre de la patène, on place «l’agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde» (1 Jean 1, 29), notre Seigneur Jésus-Christ. La très sainte Mère de Dieu se place à droite de l’Agneau (à gauche par rapport au prêtre.) Les neuf parcelles des saints se placent à gauche de l’Agneau (à droite par rapport au prêtre). Ensuite, on place la parcelle de l’évêque de l’église locale en dessous de l’agneau et puis les parcelles des vivants et des défunts commémorés. Le récit instructif ci-dessous en témoigne.

Un prêtre très pieux vivait dans un monastère; (cet événement m’avaitété raconté par l’estimé bienheureux père Gabriel, ancien du saint monastère Dionysíou, au Mont Athos.) Ce prêtre n’était pas fort instruit mais il était un grand combattant spirituel et d’une foi vivante. Bien qu’il souffrait d’hémorragie, les veines de ses pieds étant faibles, il restait longtemps debout devant l’ autel de la
proscomidie. Maintes fois, on voyait le sang couler par terre tandis que lui, debout, continuait à
commémorer de nombreuses personnes, ce qui lui prenait beaucoup de temps. Il avait l’esprit de sacrifice jusqu’ à la fin de sa vie ; il était même mort juste après avoir terminé la célébration de la Divine Liturgie.

Comme il était peu instruit et à cause, pour ainsi dire, d’un malentendu, il ne plaçait pas cor
rectement les parcelles sur la Patène.

Quand le célébrant y place la parcelle de la Toute Sainte Mère de Dieu, il
dit: «La Reine s’est présenté à ta droite…». Ce prêtre donc d’âge avancé, au lieu de placer la parcelle de la Vierge à la droite de l’Agneau, la plaçait à gauche, prenant la gauche pour la droite par rapport à lui-même; il plaçait pour ainsi dire les parcelles à contresens.

Un jour un évêque s’est rendu au saint monastère pour l’ordination d’un diacre.  

Au moment où l’ on chantait les laudes, l’évêque est entré dans le  sanctuaire, s’ est revêtu de sa tenue épiscopale et puis s’ est dirigé vers l’ Autel de la préparation pour y continuer seul
les commémoraisons, le prêtre ayant déjà accompli la préparation jusqu’à
 un certain point.

L’évêque a alors observé que le prêtre avait placé les parcelles à contre sens. 

--Tu n’as pas mis correctement les parcelles, mon père, lui dit-il.

Viens ici, père. Il faut placer la parcelle de la Vierge par ici et les parcelles des saints par là. Personne ne te l’a jamais dit? Personne ne t’a jamais vu le faire?

Non, mon révérendissime! a-t-il répondu. Je célèbre la liturgie tous les jours mais l’ange qui me sert et me suit de près, ne m’ en a rien dit.  Excusez-moi d’avoir fait une telle fa ute, parce que je suis illettr é; dorénavant, je ferai attention. 

--Qu’est-ce que tu dis ? Qui te sert ici ? luia demandé l’évêque. N’est-ce  pas un moine qui te sert? 

--Non, c’est un ange du Seigneur.

L’évêque s’est tu. Qu’aurait-il dire ? Surpris, il a compris qu’il avait devant lui un prêtre saint. 

Après le repas de midi, l’évêque a salué l’ancien et les autres moines et est parti.  

Le lendemain, il faisait encore nuit quand le vieux prêtre est entré dans le  sanctuaire pour commencer la proscomidie; l’ange du Seigneur est descendu et a remarqué que le prêtre avait placé les parcelles correctement. 

--Très bien père! Maintenant tu les as bien placées! 

-- Oui mais toi, tu voyais ma faute depuis tant d’années! Pourquoi ne m’en as-tu rien dit afin que je me corrige? 

-- Oui, je la voyais, mais moi je n’ai pas un tel droit. Je ne suis pas digne de corriger un prêtre; Dieu m’a chargé de le servir. Seul l’évêque a un tel droit! [notes personnelles de l’auteur].

Quant à nous, nous nous melons de la vie des prêtres, nous les critiquons, nous les blâmons, nous faisons des commérages à leur détriment et nous les condamnons. Dorénavant soyons attentifs lorsque nous parlons d’un prêtre quel qu’il soit.

Le point central de la Divine Liturgie est le grand événement inégalable et insaisissable du Changement du pain et du vin en Corps et en Sang du Christ et on doit l’accepter en silence. Que les chantres se taisent un peu,  pour que les fidèles puissent intérioriser cet événement au moyen de ce silence éloquent qui parle à ce moment-là dans leurs cœurs, avec beaucoup  plus de clarté que toute autre chose.

Source:


Père Stéphane Anagnostopoulos

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